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titre Vérité des faits, vérité des chiffres

lundi 5 janvier 2009, par ANEA ADMINISTRATEUR


La publication, en 2003, de la loi PERBEN, qui prévoyait la normalisation et l’actualisation de la procédure « VGA » (en date de 1986) en procédure « VGE », n’avait suscité aucune réaction ni parmi les associations de consommateurs, ni parmi les acteurs des différentes filières de la réparation automobile. Et voilà que soudain, à la sortie des projets de décrets et d’arrêtés, prés de 6 ans plus tard, certains lobbies s’emparent de cette situation à venir et créent une effervescence surdimensionnée au motif principal qu’il y aurait danger pour les automobilistes tant en terme de coûts que de perspectives.

Les média s’emparent du sujet, se jouent de formules chocs au mépris des règles élémentaires de vérité. Et la procédure des Véhicules Endommagés d’être comparée au contrôle technique, associée à la mise à la casse des véhicules, et son coût social stigmatisé.

Pourtant, vouloir comparer le contrôle technique obligatoire à la procédure « VE » sur le seul aspect technique est signe d’une méconnaissance importante. Le contrôle technique a un rôle préventif qui s’inscrit dans un régime obligatoire. La procédure « VE », elle, ne sera déclenchée que sur le constat d’un des critères de dangerosité prédéfinis flagrants révélé dans le cadre d’une mission d’expertise. Dans le premier cas, il s’agit donc bien d’une obligation et, dans le second, d’une procédure liée à un aléa.

Que cet aléa soit un accident assez grave constitue un événement suffisamment important dans la vie d’un automobiliste pour qu’on lui accorde un tant soit peu d’attention ; et pour ce faire une procédure d’accompagnement de contrôle qui, en procédant à des vérifications et supprimant certains des facteurs susceptibles d’avoir aggravé les dommage, lui permettent de retrouver confiance en son véhicule.

Si l’état du véhicule est rarement l’élément déclenchant d’un accident, il est encore dans près de 30% des cas un élément aggravant. Des chiffres encore. Les Experts en Automobile ont aujourd’hui un retour d’expérience sur 20 ans de procédure « VGA » (même si son déclenchement a été plutôt parcimonieux) et plus significativement sur la procédure « VEI » : dans près de 3 cas sur 4, lorsque les véhicules sont réparés dans le cadre du suivi, les Experts en Automobile ne peuvent pas délivrer le certificat de conformité à la seule issue de la réparation sans imposer au réparateur d’intervenir sur différents paramètres, tels que la géométrie des trains roulants, l’équilibre de freinage, etc. La vérité technique n’est pas contestable !

Celle des chiffres est tout aussi parlante. Dans l’état actuel de son champ d’application, la procédure « VE » devrait concerner moins de 1% du parc automobile (environ 350 000 véhicules) en plus des procédures actuellement en vigueur. Vouloir établir un quelconque parallèle entre le « VE » et le contrôle technique est également des plus incongru ; puisque, à titre d’exemple le nombre de véhicules concernés par les visites initiales de contrôle technique en 2007 était de 17,21 millions. Le ratio entre le nombre de véhicules concernés par la procédure « VE » et le nombre annuel de contrôles obligatoires serait donc de… 2%.

Autre mauvais procès d’intention, cette procédure serait destinée à retirer des véhicules de la circulation. Or, dans un tel cas de figure, c’est l’aspect économique du montant des réparations par rapport à la valeur du véhicule qui est en cause et non pas l’aspect sécuritaire. Ne confondons pas la procédure « VEI, » pour laquelle les assureurs ont des mesures d’accompagnement de traitement de gestion ou assurantielles pour satisfaire leurs assurés avec la procédure « VE », qui concerne les véhicules économiquement et techniquement réparables.

Revenons encore une fois à la vérité des chiffres : l’automobiliste n’a une probabilité de rencontrer qu’une fois tous les 100 ans cette procédure. Alors, soyons donc tous raisonnables et responsables, quelles que soient nos représentations : pouvoirs publics, consommateurs, assureurs, experts en automobile.

Si les textes d’application permettent une gestion administrative fluidifiée, les Experts en Automobile prendront leurs responsabilités pour encadrer avec le sens de la crédibilité qui est le leur, l’application de cette procédure. Les pré requis techniques indiscutables seront ciblés et socialement adaptés.

Il est grand temps de redonner aux choses leur juste dimension et leur valeur intrinsèque.

Mieux mesurer les enjeux pourrait constituer un moment de vérité pour tous. Que vous soyez impliqué dans le déroulement de cette procédure ou simplement curieux, saisissez l’opportunité de notre débat du 20 mars pour acquérir des éléments de réponse. Et venez nombreux !

Jean-Claude Gillet
Président d’ANEA
(éditorial de Cheval Mécanique n° 47)


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